Amy Winehouse © Karen Robinson 

Amy, c’était un cocktail de jazz, de blues et de soul. Anglaise et par-dessus tout mélomane, sa langue de cœur c’était le jazz. Elle nous a envoûtés par sa façon de mâcher des tonalités, de créer des sonorités amères et sucrées. 
La célébrité l’a menée vers la déchirure. En privé, elle passait par des dépressions. Sur scène, elle offrait des anticyclones et des frissons. 
Amy rayonnait quelque chose d’unique, de viscéral et d’onirique. Elle allait se cogner au monde et à soi-même. Comme disait Simone De Beauvoir, exister, c’est oser se jeter dans le monde ! 
Lionne fragile, Amy imposait sa personnalité et son propre style. Excessive et à vif, c’était une grande amoureuse qui frôlait la mort en jouant avec l’amour. Ses chansons parlent d’amour, encore et toujours... Elle les co-écrit et ne dissimule pas sa vulnérabilité, sa rêverie. Au contraire, elle explore la vulnérabilité et en fait un vecteur de création. 
Sa voix est une voie vers l’infini... Comme tout artiste inouï, Amy réussissait à porter en elle et à transmettre une part d’infini. Dans une interview, elle a dit : j’aimerais qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un qui n’était pas satisfait d’un seul niveau de musicalité, comme quelqu’un qui était un pionnier. 

Amy Winehouse © Karen Robinson ​​​​​​​

Plusieurs chanteuses célèbres d’aujourd’hui revendiquent qu’Amy est une icône, un modèle pour elles. Lady Gaga se donnait de temps en temps des airs d’Amy en reproduisant sa coiffure... On peut aussi retrouver des échos à l’univers de Winehouse dans certaines chansons de Billy Eilish qui inspirent de la détresse. 
Toutefois, personne n’arrive aux chevilles d’Amy. La singularité de cette dernière nous a marqués, ainsi que sa fatalité. Déchirée entre un amant négligent et un père cassant, cette réaliste rêveuse, comme elle aimait s’appeler, ne savait plus sur quel pied danser... Son fort caractère se frottait à la fragilité de son âme, et ce mélange a créé des cocktails musicaux sublimes.
Dans un contexte particulier, intoxiquée par les aléas de la vie et les côtés obscurs de la célébrité, Amy s’en est allée... 
Elle était transparente et en a payé le prix ; à force de se mettre à nu, elle s’est détruite. 
On l’entend encore nous avertir :
Love is a losing game. 
You should be stronger than me. ​​​​​​​

Amy Winehouse © Karen Robinson ​​​​​​​

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