Au musée Jacquemart-André jusqu'au 11/01/21
"Mon travail consiste à peindre ce que je vois, non ce que je sais être là." J.W.M Turner
Peintre britannique romantique et précurseur du mouvement impressionniste, Joseph Mallord William Turner a réussi à acquérir une réputation qui le précède désormais dans les pays du monde entier.
A l’âge de quatorze ans il entre à la Royal Academy et commence son éducation artistique. Avant tout dessinateur topographique, il maîtrise le dessin d’architecture mais va rapidement lui apporter une touche personnelle avec des ajouts de brumes sur les bâtiments. Le peintre de la lumière est né. Alors que les années passent, le pinceau de Turner s’affine ; si ses premières toiles respirent le classicisme et le respect des codes, il arrive un moment où la lumière et l’émotion prennent le pas sur le réalisme et la perception de l’espace. Naissent alors ses toiles mondialement connues qui en font l’un des maîtres britannique incontesté des paysages à l’aquarelle.
Au début de sa carrière, Turner arpente l’Angleterre et l’Ecosse pour trouver l’inspiration. Sa peinture de Scarborough nous fait découvrir l’une des villes côtières les plus connues du Royaume-Uni. Nous pouvons en admirer les détails tels qu’un petit chien près d’un panier en osier posé sur le sable, des femmes les pieds dans l’eau ou encore un bateau en train d’accoster. Turner parvient ainsi à capturer la vie qui anime la ville, à nous raconter une histoire à travers ses personnages.​​​​​​​
Ce n’est que bien des années plus tard que l’artiste entame son Grand Tour de l’Europe et parviendra à peindre des paysages bien différents de ceux rencontré sur son île. Toujours inspiré par des étendues d’eau, ses toiles du lac Léman ou de la lagune de Venise sont empreintes de reflets, de miroitements, de scintillements, où la lumière est mise à l’honneur et joue avec les couleurs. Un sentiment de calme s’échappe alors de ses toiles, propice à la contemplation, nous errons tranquillement, au grés des flots. Romantique dans l’âme, le travail de Turner semble être un écho pictural des poèmes de Verlaine ; 
"Et d’étranges rêves, / Comme des soleils / Couchants sur les grèves, / Fantômes vermeils, / Défilent sans trêves, / Défilent, pareils / À de grands soleils / Couchants sur les grèves."
(Soleils Couchants - Poèmes Saturniens)
S’il n’y a pas beaucoup de grands tableaux au sein de cette exposition, ces aquarelles nous permettent toutefois de découvrir des oeuvres de l’artiste qui n’étaient pas initialement destinées à être présentées au public. Turner a peint des aquarelles tout au long de sa vie, il emportait ses toiles et ses pinceaux lors de tous ses voyages, en quête d’inspiration. Nous suivons donc l’évolution de son style, des formes strictes aux silhouettes éthérées. Il nous apparaît parfois que les titres de ses toiles sont bien plus évocateurs que les contours flous que nous avons devant les yeux. Son abstraction des dernières années est une invitation à l’imagination, à un voyages à travers la lumière et ses formes insondables, à une quête touchant à la quintessence même de ce qu’est l’art turnerien.
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