
Benjamin (Benoît Magimel), 39ans, apprend qu’il a un cancer déjà bien avancé. Son médecin ne lui donne pas plus d’un an à vivre. Quatre saisons pour mettre en ordre ses affaires, nettoyer le bureau de sa vie et faire face à l’inévitable. Au début, la maladie n’est pas très présente, mais elle fait lentement et inexorablement son chemin dans le corps de Benjamin jusqu’à ne plus lui permettre de quitter l’hôpital. Chagrin d’une mère, pardon d’un fils, dévouement d’un médecin, tous ces aspects apportent de la densité au film,mais restent secondaires face à l’ombre de la mort qui s’avance, inévitablement. Lors d’une scène poignante, Benjamin demande à son médecin s’il n’aurait pas un médicament contre la peur à lui administrer. Si seulement cela pouvait exister. Un petit cachet pour dissimuler l’horrible vérité, pour ôter ce poids millénaire qui nous empêche de respirer à l’approche du néant. Sur son lit d’hôpital, paré d’une simple blouse, des tuyaux enfoncés dans ses veines, il lui faudra faire la paix avec lui-même. Première cause de mort prématurée en France depuis 2004,le cancer est devenu une pathologie commune, que tout le monde peut contracter, dont personne n’est immunisé.Benjamin devient alors un Ivan Ilitch moderne, condamné à mort par la maladie, il devra faire le deuil de sa vie, et accepter de ne pas avoir laissé de traces de son passage. La Terre ne tremblera pas suite à son dernier soupir, la Terre ne tremble jamais pour personne.Notre personnage devra accepter de n’avoir été qu’un grain de sable, qu’une note de musique sans écho,il devra pardonner et dire au revoir,enfin,léguer ses rêves et ses espoirs à l’éternité.Que faisons-nous d’important de notre vivant ? Si le film nous donne bien un conseil,c’est celui de ne pas attendre un diagnostic fatal pour se mettre à vivre. Alors,sortez les mouchoirs, allez voir ce film et vivez. Vivez