Le groupe parisien remet le couvert après un premier EP très réussi. Avec pour titre « Major League of Pain », le disque n’inspirait pas la joie. Le quatuor proposait une pop-rock pleine de spleen et aux accents 90’s. Guitare, basse, batterie, et rien de plus pour accompagner un chant envoûtant. Il ne manquait plus qu’à plonger tout ça dans de la reverb et du chorus pour obtenir un rock planant. Mais alors est-ce qu’avec ce premier album Hoorsees parvient une nouvelle fois à recréer ce cocon sonore si agréable ? Les 9 titres sont encore plus travaillés et réussis, si bien qu’il est difficile de s’en décrocher.

Bon, faire du rock old-school n’a rien de nouveau, il faut l’avouer. Et puis la pop-culture est depuis quelque temps déjà en pleine nostalgie des années 90. Bientôt, ce sera le tour des années 2000 (les outfits promettent d’être terrifiants), mais en attendant Hoorsees publie son premier album éponyme. Cependant Alex, Zoé, Thomas et Nicolas n’ont pas 20 ans de retard. Au contraire, le retour de ce spleen adolescent très 90’s est dans un timing idéal. L’oisiveté, la solitude, l’appréhension de la vie adulte future, ne nous ont jamais autant parlé qu’au cours de ces derniers mois. C’est donc avec plaisir qu’il faut aborder ce disque où il est question d’écouter de la musique déprimante pour déprimer encore plus (mais dans l’idée c’est agréable on le sait tous). 
L’esthétique brute et lo-fi de la musique d’Hoorsees fait transparaître toute la sincérité du projet. Si bien que de très simples mélodies de guitares instaurent immédiatement une ambiance diablement mélancolique. À coup sûr, les sonorités en question vont vous rappeler les fameux ponts mélodiques de la pop-punk. Mais si vous savez bien, la guitare claire juste après le solo ? Certes la comparaison avec ce style musical de la fin des années 90 et du début des années 2000 peut aisément faire sourire. L’étendard musical populaire de la génération X n’est, en effet, pas connu pour sa profondeur. Mais pour une raison étrange, qui dépasse la simple question de la nostalgie, le premier album d’Hoorsees convainc totalement. Ce n’est ni une vulgaire copie de Blink-182 ou de Green Day (les deux inspirations principales du groupe selon Alex le chanteur), ni un pastiche qui ont pour habitude d’être vite redondants. 

Le groupe parisien assume et fait honneur à ses héros du temps de l’adolescence. C’est peut-être cet accord avec la fameuse période pubère qui permet au disque d’être si honnête et simple. Les chansons sont accrocheuses et toutes reliées par une douce mélancolie. On se surprend à réécouter l’album encore et encore, sans doute pour se replonger dans cette ambiance apaisante parsemée de sursauts juvéniles. 
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