Les deux artistes danois s’associent pour une œuvre centrée sur la couleur indigo, un bleu si particulier qui donne une teinte à cette exposition monochrome. Peter Martensen est peintre et plasticien, son ami Morten Søndergaard est lui aussi plasticien, mais également poète et performeur. Bla Bla bleu nous plonge dans un monde bleuté, intense et enivrant. Une expérience à découvrir jusqu’au 27 mars à la Galerie Maria Lund, située à l’iconique Rue de Turenne dans le Marais.

Le spectre de l’indigo

Le ton est donné d’entrée, c’est la nuance de bleu indigo qui compose chaque création plastique imaginée par les deux artistes. On retrouve un univers de peintures, de dessins, de sculptures, de poèmes… La couleur est présentée sous de nombreux aspects et revêt différentes fonctions. Pour Peter Martensen, elle est « un état et instaure une distance tel un maître du souvenir et de l’oubli. » Et il souligne « sa luminosité dans l’obscurité et sa tonalité mélancolique comparable à celle d’un violoncelle. ». Dans les peintures et dessins, l’indigo est travaillé pour évoquer différents sentiments en fonction de sa nuance. Une teinte plus claire témoigne d’un environnement plus chaleureux, avec une légère touche de mélancolie. Au contraire, quand la tonalité est plus sombre, on assiste à un jeu de contraste, un clair-obscur à l’avantage des ténèbres qui prennent une place prépondérante. Ce n’est pas le temps qui est capturé et influencé par ce bleu si particulier, mais bien l’aura de la scène. Peter Martensen et Morten Søndergaard présente alors l’indigo comme un élément presque métaphysique qui plonge la conscience dans une atmosphère singulière, atmosphère qui varie selon l’intensité de la couleur. Ainsi, les sujets représentés apparaissent irréels et hors du temps. 

The studio, Peter Martensen

Un traitement efficace ?

Bla Bla Bleu s’inscrit aussi dans un univers médical avec des créations plastiques teintées cette fois-ci d’ironie. Morten Søndergaard se joue du langage avec sa pharmacie de mots. Il façonne des boîtes de médicaments non sans second degré, et place également la fameuse croix verte au sein de l’exposition. À la vue de sa pharamineuse consommation de produits, le français ne se sentira pas dépaysé et retrouvera un environnement assez familier. Alors est-ce que les mots peuvent suffire pour guérir ? C’est la question que l’on se pose lorsqu’on découvre les sculptures où sont taillés de simples mots pour guérir les maux : « ça va aller », « de rien », « je t’écrirai plus tard », etc… 

Bla Bla Bleu est une exposition singulière, monochrome et monomaniaque. Peter Martensen et Morten Søndergaard accordent leurs univers respectifs avec comme point d’ancrage la couleur indigo. Le bleu est partout, le bleu est tout. Le résultat allie sobriété et intensité à travers diverses œuvres plastiques. Vous pouvez aller jeter un œil à ces dernières directement sur le site de la Galerie Maria Lund. On vous recommande cependant vivement de vous déplacer (ce n’est pas comme s’il y avait beaucoup d’autres choses pour lesquelles se déplacer en ce moment) à la galerie. Et tant que vous y êtes, faites un tour dans les nombreuses autres galeries qui peuplent le quartier !
Blue Erin, Peter Martensen
Blue Erin, Peter Martensen
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