
De la même manière que pour la Sélection Officielle, la cérémonie d’ouverture d’un Certain Regard aura été ponctuée d’une bien belle surprise : Onoda, 10 000 nuits dans la jungle.
Cinq ans après Diamant Noir, nomination au César du meilleur premier film, Arthur Harari s’empare de la fameuse histoire d’Hirō Onoda. Le dernier soldat japonais de la Seconde Guerre mondiale ayant déposé les armes une trentaine d’années après la réédition du Japon.
Mêlant film de guerre à celui de la survie, Harari se concentre sur les rapports de force entre soldat puis survivant. Il questionne via son protagoniste les valeurs de la tradition samouraï, le rapport à l’honneur et à la patrie. Le chaos omniprésent laisse autant place à la peur qu’à la cruauté, mais aussi à une ingéniosité et à certains moments empreint d’humanité.
L’île devient sous la caméra du réalisateur, un personnage à part entière. Tout comme Onoda, nous finissons par la connaître de bout en bout. Les lieux se succèdent puis reviennent inlassablement, mais à chaque fois imprégnés de nouveaux sens. Les trente années défilent pendant ces deux heures quarante, et nous finissons par nous perdre avec le personnage.
Outre ces qualités, le film d’Harari est une parfaite occasion de découvrir les « stragglers ». Ces soldats japonais, mobilisés dans les îles du Pacifique, qui sont restés dans l’ignorance de la réédition japonaise, dont Onoda en est devenu le représentant.
Si le sujet vous intéresse il existe de nombreux livres évoquant le cas des « stragglers », dont évidemment l'autobiographie d’Onoda, intitulée Ne pas se rendre : Ma guerre de Trente Ans.
Onoda 10 000 nuits dans la jungle sortira en France le 21 juillet prochain.