À plus d’un titre, cette 93e cérémonie des Oscars a écrit une nouvelle page de la grande histoire du cinéma américain voire même du cinéma mondial.
Après une année 2020 terrible sur le plan humain et artistique ainsi qu’un début d’année 2021 guère meilleur, quel plaisir de voir tout le gratin d’Hollywood se presser sans masques sur le tapis rouge de l’Union Station de Los Angeles, remplaçant pour l’occasion le Dolby Theater habituel ! Ne vous en faites pas, les invités étaient testés, puis doublement testés et parfois même vaccinés. Cette cérémonie qui se veut se comme un premier grand test du genre en cette période de COVID, avait pris toutes les précautions possibles pour nous offrir une soirée célébrant le cinéma, célébrant nos retrouvailles.
Sur ce point, pari tenu. Steven Soderbergh, responsable de la production du spectacle d’ouverture de ces 93e Oscars, débute par un immense plan séquence nous présentant l’entrée de l’actrice Regina King et par la même occasion l’ouverture de la cérémonie. Un plan séquence qui nous rappelle l’ouverture de Ocean’s eleven par ce même metteur en scène, déclarant ainsi son amour au septième art.
Tout comme notre cérémonie des César, la politique s’est très largement invitée à la fête. Les premiers mots furent tout d’abord pour les victimes du COVID et les populations précaires. Ensuite, les mouvements Black Lives Matter et MeToo furent mis à l’honneur, autant par les discours poignants et justes des intervenants et nommés, que par les récompenses qui ont notamment vu Judas and the black messiah et Promising young woman tirer leur épingle du jeu.

Promising young woman

Du côté des gagnants, Chloé Zhao devient la seconde femme à remporter l’Oscar de la meilleure réalisation grâce à Nomadland et la première à cumuler le avec celui du meilleur film. Frances McDormand devient la première actrice à remporter trois Oscars de la meilleure actrice au cours de sa carrière et Youn Yuh-Jung est la première actrice sud-coréenne à recevoir un Oscar (ici pour son second rôle féminin dans Minari). En ce qui concerne nos Français, soyons un peu chauvins puisqu’ils ne sont pas moins de trois à avoir été récompensés. Ainsi Florian Zeller repart avec le meilleur scénario adapté pour le sublime The father, Nicolas Becker se voit auréolé du meilleur son pour Sound of metal, enfin Alice Doyard remporte l’Oscar du meilleur court-métrage documentaire en tant que productrice pour Colette. Une performance pas loin d’être historique en termes de diversité de lauréats.
Pour ce qui est du reste, pas de grande surprise, si ce n’est la victoire d’Anthony Hopkins dans la catégorie du meilleur acteur alors que beaucoup auraient misé sur un Oscar posthume dédié à Chadwick Boseman. Ceci dit, Anthony Hopkins ne vole pas le second Oscar de sa carrière, mais compte tenu du contexte on se serait presque laissé entendre dire que l’académie aurait dû faire un ex aequo comme en 1932 et 1969 pour le prix de la meilleure actrice.

The father

Finalement, cette 93e cérémonie des Oscars nous aura fait passer par toutes les émotions possibles. On aura ri sur les blagues de Youn Yuh-Jung et la dance de Glenn Close, on aura pleuré sur l’hommage de Thomas Vinterberg à sa fille et sur le mémorial des disparus.
Soderbergh et l’académie voulaient nous retransmettre les émotions que l’on ressent devant un film, nous rappeler que nous ne sommes jamais aussi bien que dans une salle de cinéma, bref nous faire redécouvrir la beauté du septième art.
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